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LES ECHOS : Réduction du délai de paiement contre remise, le deal profitable de Flex

Grâce à la plateforme C2FO, le spécialiste américain de la fabrication d’équipements électroniques peut proposer à ses fournisseurs un système d’escompte. Résultat : des flux de trésorerie optimisés et une liquidité accrue pour ses sous-traitants.

« Cash is king. » Le mot d’ordre, répété tel un mantra par bon nombre de financiers d’entreprise depuis quelques années, a pris encore un peu plus de sens avec la crise du coronavirus qui met la trésorerie de la plupart des organisations sous haute tension.

Le besoin en fonds de roulement n’a sans doute jamais été aussi fort qu’actuellement, confirme Christian Bauwens, directeur de la trésorerie du spécialiste américain de la fabrication d’équipements électroniques Flex. Parce qu’elles sont inquiètes, les sociétés essaient, au maximum, de préserver leur cash- flow dans l’environnement financier actuel, ce qui amoindrit le niveau de liquidités disponibles pour les fournisseurs. 

Une situation paroxystique qui ne ferait, à en croire l’argentier, que s’inscrire dans une tendance de marché plus globale, celle d’un allongement des délais de paiement, qui dépasseraient de plus en plus souvent, au niveau international, la barre pharaonique des 75, voire des 90 jours dans certains cas. 

Les clients imposent cela à leurs fournisseurs qui le répercutent, à leur tour, sur leurs propres sous-traitants, ce qui induit un besoin en fonds de roulement croissant pour les entreprises qui arrivent en bout de chaîne, remarque Christian Bauwens.

Pour optimiser ses flux de trésorerie et aider ses fournisseurs qui, du grand groupe comme Broadcom et Qualcomm aux plus petites structures installées en Chine, au Brésil ou au Mexique, ne disposent pas des mêmes conditions d’accès au financement, Flex a choisi de faire appel à la plateforme C2FO – dans laquelle a, par ailleurs, investi l’un de ses actionnaires. Son principe ? Proposer au sous-traitant un paiement accéléré de sa facture en échange d’une remise consentie sur son montant. 

Le donneur d’ordre paramètre dans le système une enveloppe de trésorerie disponible et fixe un taux de rendement cible, détaille son directeur général, Antoine Trépant. A chaque fois qu’une facture est approuvée, le fournisseur peut alors proposer un taux de remise sur la plateforme qui est accepté, ou non.

Cette validation est réalisée par un algorithme qui, en fonction du montant des factures, pondère le taux pour parvenir au rendement moyen souhaité par le donneur d’ordre.

Pour Flex, le système se révèle particulièrement profitable. Alors que le taux actuel est de l’ordre de 1% pour les placements en dollars, nous parvenons à obtenir des taux annuels bruts compris entre 5 et plus de 10% en fonction de la localisation des fournisseurs et des taux bancaires locaux, détaille Christian Bauwens. Si nous souhaitions atteindre ce niveau de rendement avec un placement classique, nous devrions accroître notre prise de risques. Or, avec C2FO, le risque est inexistant – puisque nous payons nos propres factures -, tout en augmentant la rentabilité de notre liquidité et en répondant au besoin en fonds de roulement de nos sous-traitants. 

Aux yeux du donneur d’ordre, la plateforme agit également comme un système d’alerte. Lorsqu’il constate qu’un fournisseur est prêt à consentir un taux de remise très élevé, cela peut indiquer un besoin de cash accru, et donc une potentielle difficulté financière. Un signal transmis au service achats qui se charge, ensuite, de voir si cette préoccupation est bel et bien fondée.

Jouer sur les deux tableaux

De cette logique d’escompte, les fournisseurs se montrent friands, voire très friands chez l’immense majorité de nos clients car ils se financent ainsi à des taux plus intéressants que ceux qu’ils pourraient obtenir par ailleurs, selon Antoine Trépant.

La plupart de nos sous- traitants sont très intéressés par la continuité du programme, abonde le directeur de la trésorerie de Flex. Toutefois, il est nécessaire d’avoir une certaine stabilité au niveau de l’enveloppe de cash disponible. Les fournisseurs n’apprécient pas trop qu’il y ait des écarts, d’un trimestre à l’autre, dans la mise à disposition des liquidités. 

Alors, pour garantir, voire accroître, le montant des fonds disponibles pour ses sous-traitants, et optimiser encore ses flux de trésorerie, le groupe américain a voulu jouer sur les deux tableaux : en plus de proposer cette solution à ses fournisseurs, il encourage certains de ses clients à recourir à la plateforme sur laquelle il leur propose, lui-même, des remises. Résultat :  Nous l’utilisons à un taux relativement bas avec nos clients, puis la réutilisons, à un taux supérieur, avec nos fournisseurs, précise Christian Bauwens. A nous, ensuite, de réaliser un arbitrage positif entre le taux d’intérêt payé et le taux d’intérêt reçu. Rarement aura-t-on vu circulation de trésorerie aussi avantageuse.

Pour en savoir plus

Article écrit par Vincent Bouquet, paru le lundi 18 mai 2020 dans Les Echos